Au-delà des records : les sports de mémoire se réinventent – l’avis de Céline de Luca

Au-delà des records, les sports de mémoire s’ouvrent à tous. À l’occasion des élections de l’IAM 2026, la championne Céline de Luca partage sa vision : mieux accompagner les débutants, valoriser chaque athlète et les aider à briller afin que chacun puisse s’improviser fièrement ambassadeur des sports de mémoire.


L’évolution des sports de mémoire : La francophonie au cœur des enjeux internationaux

Les sports de mémoire connaissent aujourd’hui une transformation passionnante. Loin de se limiter à des performances isolées de mémorisation, la discipline se structure, se modernise et s’ouvre à un public de plus en plus large. Cette dynamique positive nécessite une organisation mondiale à l’écoute de ses athlètes, capable d’accompagner la croissance du sport et d’en garantir l’équité.

C’est précisément l’enjeu des actuelles élections du conseil d’administration de l’International Association of Memory (IAM Board Election 2026), dont les orientations sont définies sur le site officiel iam-memory.org. Ce renouvellement stratégique est l’occasion de rappeler que les instances internationales sont de plus en plus attentives aux voix des différentes communautés, et particulièrement à celle des athlètes francophones.

Céline de Luca : L’excellence francophone à portée de tous

Dans ce contexte international, la communauté francophone peut s’appuyer sur une figure forte, reconnue et respectée : Céline de Luca. Athlète internationale au palmarès impressionnant, elle s’illustre également comme une coach extrêmement investie et généreuse.

Céline incarne une vision moderne de la discipline. Elle a su dépoussiérer l’image des sports de mémoire en les rendant accessibles, inspirants et utiles au quotidien. Sa démarche d’ouverture s’illustre parfaitement à travers sa présence en ligne, notamment sur sa chaîne YouTube, où elle s’adresse aussi bien aux mnémonistes confirmés qu’aux curieux désireux d’explorer le potentiel de leur propre cerveau.


Rencontre avec Céline de Luca – L’interview :

1. Pour ceux qui te découvrent : qui es-tu en quelques mots, en dehors des scores et des compétitions ?

Céline de Luca : Dans la vie de tous les jours, je suis vétérinaire et je travaille dans le milieu de la recherche clinique. C’est ma première vie ! Les sports de mémoire constituent ma deuxième vie. Je suis très impliquée en tant qu’athlète, mais j’ai aussi à cœur de m’adresser au plus grand nombre, notamment via ma chaîne YouTube. J’accompagne beaucoup de jeunes et de débutants. Quand j’ai commencé, avoir quelqu’un pour me faire des retours et me guider a été déterminant pour progresser. Cela m’a donné envie de transmettre, d’orienter et de remotiver à mon tour. L’accompagnement est parfois ce qui manque le plus dans notre discipline. D’ailleurs, je suis convaincue que le fait de coacher a aussi accéléré ma propre progression sportive.

2. Qu’est-ce qui t’a fait tomber dans les sports de mémoire, et pourquoi es-tu restée ?

Au départ, je connaissais l’existence des techniques comme le palais de mémoire, mais cela ne m’attirait pas du tout. C’est en regardant un documentaire et en découvrant la plateforme Memory League que j’ai débuté dans les sports de mémoire. J’ai commencé à me tester, puis à le faire de plus en plus souvent. J’ai vu que je m’améliorais, que je grandissais à travers cette pratique. C’est devenu addictif. Quand je dis que je « grandissais », c’est parce qu’au-delà de la simple progression dans les scores, j’ai acquis de nouvelles compétences transversales qui m’ont fait évoluer personnellement. Tant que je progressais, je continuais, et je m’y suis investie de plus en plus.

3. Tu es à la fois athlète, coach et très active dans la communauté. Qu’est-ce que cette double casquette t’apporte dans ta vision du sport ?

J’aime énormément le contact avec les débutants, car je suis moi-même passée par là, avec des scores qui n’avaient rien d’exceptionnel à mes débuts. De manière plus générale, échanger avec un maximum de personnes enrichit mes propres connaissances et me permet de mieux les transmettre. C’est un véritable partage où tout le monde, moi y compris, s’y retrouve et progresse.

4. Les sports de mémoire évoluent rapidement, avec des formats plus accessibles et des plateformes en ligne de plus en plus présentes. Qu’est-ce qui change aujourd’hui selon toi ?

Les sports de mémoire vivent une transition similaire à celle des échecs. Avant, les parties d’échecs duraient des heures ; aujourd’hui, le sport a évolué vers des formats beaucoup plus dynamiques, courts et accessibles. Dans les sports de mémoire, avec des plateformes comme Memory League, c’est la même dynamique : un débutant peut s’amuser immédiatement sans avoir besoin de maîtriser des systèmes complexes. Les formats courts (comme retenir le plus d’images ou de noms en une minute) sont fun et constituent une excellente porte d’entrée. Cela peut indirectement donner envie d’aller vers des épreuves plus longues (comme les mêmes épreuves mais en 5 minutes). Ces deux formats sont complémentaires et tout aussi impressionnants. Il faut ouvrir tous les accès pour que chacun trouve son bonheur, dans un cadre qui permette de toucher le plus grand nombre.

5. Comment assurer que les décisions du conseil de l’IAM restent équilibrées, notamment quand certains membres sont très impliqués dans des plateformes majeures du secteur ?

Il est justement important d’avoir un conseil d’administration avec des membres qui représentent ces plateformes et qui y sont très impliqués. L’équilibre se trouve en ayant à la fois des membres très spécialisés sur des outils précis, et d’autres profils moins spécialisés technologiquement, mais dotés d’une solide expérience et d’une fine compréhension des besoins des athlètes. Pratiquant sur toutes les plateformes depuis des années, je connais bien ce qui motive les pratiquants, ce qui les fait revenir, mais aussi ce qui peut générer de la frustration ou de la colère.


6. Pourquoi as-tu décidé de te présenter au conseil d’administration de l’IAM, et que souhaites-tu y apporter concrètement ?

Je suis dans le circuit depuis quelques années maintenant. En discutant avec des athlètes de tous pays et de tous niveaux, mais aussi avec des personnes extérieures à ce sport, j’ai acquis une vision claire de ce qui fonctionne et de ce qui manque. Actuellement, les sports de mémoire n’occupent pas la place qu’ils méritent dans le monde. Je souhaite améliorer la cohésion de groupe, renforcer le sentiment d’appartenance à une grande communauté internationale et structurer l’accompagnement des débutants. En France, l’Association des Sports de Mémoire (ASM) fait un travail formidable pour attirer et entraîner. Mais ce rôle ne devrait pas reposer uniquement sur les associations régionales. L’IAM doit travailler davantage pour la visibilité et pour les jeunes athlètes. Si je me présente, c’est parce que je ne vois pas encore assez d’évolution à ce niveau, et qu’il y a un vrai coup à jouer.

7. Si tu te projettes, à quoi ressembleraient des sports de mémoire dans le meilleur des mondes, et quel message aimerais-tu adresser aux athlètes d’aujourd’hui ?

Des sports de mémoire dans l’idéal, ce sont des sports très structurés, avec une image solide, connus et reconnus. Comme les échecs : ce n’est pas forcément spectaculaire au premier regard, mais ça le devient dès que l’on s’y connaît un peu. Il faudrait que le site de l’IAM permette de comprendre immédiatement la discipline, que ce soit facile à aborder et de s’y tester. Il faut aussi que les athlètes se sentent légitimes et valorisés à leur juste valeur, même à un niveau modeste. L’Open de France, par exemple, le fait très bien : l’événement est carré, médiatisé, et chacun s’y sent important. Aujourd’hui, beaucoup de débutants plafonnent car ils manquent d’outils intermédiaires entre l’apprentissage des techniques de base et le haut niveau. Il faut créer des programmes d’entraînement et mieux structurer cet accompagnement.

Mon message pour les jeunes : Ce que vous faites est exceptionnel. Retenir 150 chiffres en 5 minutes, demandez à n’importe qui dans la rue de le faire : personne n’en est capable ! C’est hors norme. Ne vous comparez pas constamment aux records personnels affichés sur les sites et les réseaux sociaux. C’est le conseil que m’a donné Johannes (Mallow, ancien champion du monde, NDLR) après mon 2e championnat de France… et mon mantra, c’est : « Un pas après l’autre ». Fixez-vous vos propres objectifs. Les autres ne doivent jamais vous impressionner, ils doivent vous inspirer. Demandez-leur simplement comment ils font. Cultivez l’envie de progresser et, un jour, vous lèverez la tête et vous serez là où vous rêviez d’être. Chaque athlète est un ambassadeur de notre sport !

8. Quelle place peuvent prendre les athlètes francophones dans le développement international du sport ?

Les francophones doivent aller conquérir la place qu’ils méritent et s’imposer au plus haut niveau ! Nous avons une équipe française solide et dotée d’une forte identité, notamment grâce au travail de structuration de l’ASM. Aujourd’hui, on nous attend sur la scène internationale, à l’image des très beaux scores de Nicolas aux derniers mondiaux. Il ne faut absolument pas avoir peur de voyager, d’être présent à l’international et de porter fièrement nos couleurs.

L’avenir nous appartient : libérons notre potentiel !

L’horizon des sports de mémoire n’a jamais été aussi exaltant. Nous assistons aujourd’hui à une véritable révolution : repousser les limites de son cerveau n’est plus seulement une quête de records, c’est devenu un formidable levier d’épanouissement personnel accessible à toutes et à tous. Portée par des athlètes inspirants qui montrent la voie et par une communauté internationale en pleine ébullition, notre discipline s’apprête à franchir des caps extraordinaires. Que vous soyez un compétiteur acharné ou un simple curieux désireux de réveiller votre agilité mentale, la promesse est la même : la grande aventure de la mémoire ne fait que commencer. Alors, cultivons cette étincelle, entraînons-nous avec passion et préparons-nous à accomplir des prodiges, car le meilleur reste indéniablement à venir !

Encart d’information : Élections IAM Board 2026 (Pour les membres actifs)

Si vous êtes un membre actif de la communauté, votre voix compte pour façonner l’avenir de l’IAM. Le scrutin est ouvert sur une période très courte, du 23 mars au 30 mars 2026.

Conditions de vote :

  • Être membre de l’IAM.
  • Avoir au moins 15 ans au 30 mars 2026.
  • Avoir été un membre actif de la communauté de la mémoire.

Les électeurs éligibles ont normalement reçu un e-mail de la plateforme sécurisée heliosvoting.org (Objet : « IAM Board Election 2026 – Time to Vote ! »). Cet e-mail contient les identifiants et mots de passe nécessaires pour garantir un vote unique et strictement anonyme. N’hésitez pas à vérifier vos boîtes de réception et à participer avant la fin de la semaine (le 30 mars 2026).

Ok, on va suivre les votes du conseil IAM… mais au fait, quelles sont les plateformes qu’on utilise dans les sports de mémoire ? Pour le savoir rendez-vous ici : « Ressources utiles » !