Comment améliorer sa mémoire rapidement ? Découvrez la méthode de Nicolas Marcenac. Entre entraînement structuré, mindset d’athlète et gestion de l’échec, il a tenté de transformer son cerveau en véritable machine de compétition.

Tu penses avoir une mauvaise mémoire parce que tu oublies tes clés trois fois par semaine ? Détrompe-toi. La mémoire n’est pas un don, c’est de la pure plasticité cérébrale. Depuis la nuit des temps, notre cerveau est une machine de survie programmée pour s’adapter en continu. Il se recâble tout au long de ta vie, et avec le bon programme, tu peux débrider ce système pour faire exploser tes capacités.
C’est exactement ce qu’a prouvé Nicolas Marcenac. En l’espace d’un an seulement, il a fait un bond fulgurant en gagnant environ 1000 points au classement de l’Open de France 2026, occupant alors la 4e place du podium français. Comment passe-t-on d’un pratiquant passionné à une véritable machine de compétition ? Oublie la magie, la réponse tient en trois mots : structure, régularité et mindset.
Voici les coulisses de sa progression fulgurante.
Règle n°1 : Fini l’entraînement au pifomètre

La plus grande erreur quand on débute ? Lancer ses épreuves au feeling. C’est sympa au début, mais ça a ses limites.
« Je n’avais pas de planning d’entraînement. Je lançais en me disant : « Tiens, je vais train les cartes, les nombres… » Je progressais, mais je ne pouvais rien tracker. C’était un travail à l’aveugle. »
Le game changer de son année a été la mise en place d’un véritable programme d’entraînement périodisé. À distance des compétitions, on lâche les chevaux et on se permet de faire des erreurs. Plus l’échéance approche, plus on structure et on réduit la marge d’inconnue. Pourquoi ? Parce que l’inconnue crée le stress. Quand on connaît parfaitement ses capacités réelles, la pression redescend.
Son astuce de pro : Les fourchettes d’objectifs.
Plutôt que de se fixer un but rigide, il définit un objectif minimum et un objectif maximum pour chaque session.
- En pleine forme ? On vise le max pour rester dans le flow.
- Grosse fatigue ? On vise le minimum syndical pour se booster sans se dégoûter.
Règle n°2 : S’entraîner comme un sportif de haut niveau

Si on veut performer en mémoire, il faut s’inspirer des athlètes traditionnels. On ne fait pas que mémoriser, on travaille des axes précis : la vitesse, l’endurance, la force et la précision. Mais le vrai test, ce n’est pas quand tout va bien. C’est quand on n’a aucune envie de s’y mettre.
« Manque d’énergie, grosse flemme… C’est à ce moment-là que tu développes ton mental d’athlète. T’entraîner en résistant à la fatigue, c’est ce qu’il y a de plus productif. »
La clé de la progression constante :
La gratification immédiate est le piège absolu. Réussir à mémoriser un paquet de cartes en 50 minutes au début, c’est grisant. Mais pour passer sous la barre de la minute, il faut accepter de reconfigurer son cerveau, ce qui demande du temps et une gestion de l’échec irréprochable.

Règle n°3 : Gérer l’échec (et l’importance d’avoir un coach)
Même les meilleurs se plantent. La différence réside dans le rebond.
Quand une épreuve se passe mal, Nicolas a un rituel imparable : il prend des notes factuelles sur ce qui a foiré, ferme son fichier Excel, prend de grandes inspirations, et surtout, ne touche pas à son téléphone. Le dossier est clos, on passe à la suite. L’objectif est d’avoir un suivi complet, mais pas saturant, juste pour identifier les redondances (un loci qui bloque souvent, un jour de la semaine moins performant).
Pour franchir ce cap psychologique, l’accompagnement a été décisif. Le coaching avec Céline de Luca lui a apporté le cadre qui lui manquait :
- Rigueur et objectivité : Constater les faits, sans se juger.
- Assertivité : « Tu veux des points, va falloir aller les chercher ! »
- Autonomie : Apprendre à gérer ses propres doutes pour ne pas finir dégoûté par la discipline.
Mais au fait Nicolas, quel a été le déclic, ce moment où tu as eu envie d’aller plus loin dans la mémoire ?

Tout part souvent d’une étincelle. Pour lui, c’était la découverte des systèmes de mémorisation.
« J’ai passé du temps à créer mon premier système. Au bout de 55 minutes, j’ai remis 52 cartes dans l’ordre. Le lendemain, je m’en souvenais encore. Je me suis dit : « C’est incroyable ! » La deuxième fois, j’ai mis 25 minutes. »
À cet instant précis, on réalise qu’on est en train de faire quelque chose que 99,99% de la population est incapable de faire. Et avec un vrai entraînement, le potentiel devient infini.
… et le conseil à appliquer dès aujourd’hui ?
Tu veux t’y mettre et progresser vite ? Arrête de ne faire que tes épreuves fétiches.
Beaucoup de pratiquants délaissent ce qu’ils n’aiment pas, créant ainsi d’énormes zones de fragilité en compétition. Il vaut mieux être solide et régulier partout, plutôt que d’être un expert dans une seule épreuve et prendre le risque de faire un zéro pointé en tentant un record personnel irréaliste.
Structure tes entraînements, traque tes faiblesses, et surtout : n’attends pas d’être motivé pour t’y mettre. Le cerveau est capable de tout, à condition de lui donner la bonne feuille de route.


